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Paradoxes et dépendance à l’adolescence, par Philippe Jeammet

Ce livre, que vous pouvez télécharger gratuitement sur le site de YAPAKA, est très proche de la conférence présentée sur ce site : "quand un mineur devient violent

"L'adolescence est un âge contradictoire où le rejet de l'adulte est à la mesure du besoin que l'adolescent en a, analyse Philippe Jeammet.

Les conflits naissent de la tension entre la peur de l'abandon et l'angoisse d'intrusion du jeune. Ce paradoxe peut pousser certains adolescents à la destructivité comme créativité du pauvre, c'est-à-dire de celui qui se sent impuissant. Avant de s'effondrer, de disparaître, un acte de vie, prométhéen en quelque sorte, reste toujours possible : détruire !
«Je n'ai pas choisi de naître » disent les adolescents qui ont des comptes à régler avec leur filiation ; mais « je peux choisir de mourir », déclarent-ils, affirmant par là une radicale différence avec ceux qui leur ont donné la vie et leur pouvoir démiurgique de refuser ce dont ils ont hérité et qu'ils n'ont pas choisi au profit d'une destruction qui leur appartient."

Extrait : "Le premier paradoxe qui m’a rapidement frappé c’est qu’à contraintes et facteurs de risque semblables le destin de ces adolescents pouvait être radicalement différent. Les uns faisaient de leur vulnérabilité une chance qui, après des difficultés plus ou moins importantes et parfois durables, allait les conduire, non sans douleur souvent, à une reprise d’échanges dont ils pouvaient se nourrir et au développement de leurs potentialités avec peut- être un plus par rapport à d’autres jeunes, celui d’avoir connu le risque d’effondrement et la tentation de s’abandonner à la destructivité et de l’avoir surmontée, ayant fait ainsi l’expérience que c’est possible. Les autres par contre s’enfermaient dans des conduites dont le point commun constant est qu’elles se caractérisent par une amputation plus ou moins importante de leurs potentialités et une forme d’appauvrissement de leurs richesses potentielles.
Ce basculement vers ce qu’on pourrait appeler la créativité ou la destructivité m’a semblé souvent dépendre de la qualité des rencontres de l’adolescent avec des personnes significatives de son entourage, qu’elles appartiennent à la famille, au monde des pairs et des amis et/ou au milieu soignant ou éducatif entendu dans un sens large. Rencontres qui entrent souvent en résonance avec des figures signifiantes du passé, mais qui tout autant s’en différencient par ce qu’elles apportent justement de nouveauté.
Ainsi plus les contraintes internes dont a hérité l’adolescent sont importantes et génèrent une insécurité interne, une mauvaise image de soi, un défaut de confiance en ses ressources internes, plus il devient environnement-dépendant, c’est-à- dire dépendant de la capacité de l’entourage à lui apporter la sécurité dont il ne se sent pas dépositaire. Mais cette dépendance même rend ce dont il a besoin menaçant pour son autonomie.
La question de la bonne distance relationnelle: ni trop près ni trop loin m’apparaît au cours du temps être devenue le fil rouge de ma pratique et de ma réflexion."

Paradoxes et dépendance à l’adolescence, par Philippe Jeammet [1ère de couverture]

Paradoxes et dépendance à l’adolescence, par Philippe Jeammet [1ère de couverture]

Paradoxes et dépendance à l’adolescence, par Philippe Jeammet [4e de couverture]

Paradoxes et dépendance à l’adolescence, par Philippe Jeammet [4e de couverture]


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