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Christel Prado : Mieux accompagner et inclure les personnes en situation de handicap : un défi, une nécessité

"Introduction
Le 22 novembre 2013, le Premier Ministre a saisi le Conseil économique social et environnemental d’une demande d’avis dont les préconisations nourriront la Conférence nationale du handicap de 2014. Selon l’enquête Insee Handicap, Incapacités, Dépendance (HID), dont les données datent de 1998-1999 et publiée en 2003, 11 840 208 individus en France - soit 26,4 % de la population - sou#rent d’une incapacité, d’une limitation d’activité ou d’un handicap.
Au regard du volume de personnes concernées (une personne sur quatre) et afin d’honorer les engagements pris par notre pays en ratifant, en 2010, la Convention internationale des droits des personnes handicapées, une simple analyse des dispositifs en faveur des personnes handicapées et une approche catégorielle ne permettraient de répondre que partiellement au dé" que pose la situation des personnes handicapées à notre société. La mobilisation de la puissance publique, du monde du travail et du monde associatif en faveur des personnes handicapées doit être aussi rejointe par les citoyens eux-mêmes. Le parti pris de cet avis n’est donc pas de solliciter majoritairement l’appui des pouvoirs publics mais de promouvoir une idée nouvelle : celle de la société inclusive, fondée sur les principes d’accueil et d’accompagnement, respectant l’histoire intégrative de notre pays et lui permettant de répondre à de nouveaux enjeux.
Le don de soi est le seul don qui rapporte à celui qui donne comme à celui qui reçoit. Il en va de même d’une société qui délibérément s’engage à devenir accueillante et accompagnante. Ce don n’est possible qu’en acceptant le postulat que l’ensemble des individus qui font société sont interdépendants et ont besoin des autres tout au long de leur vie. Ce don est une posture, pas un bien marchand. Nulle spéculation ne l’anime. Seule la conviction que le bien vivre ensemble est la clef d’une société où le bonheur et la dignité de tous les siens sont un objectif collectif. Ce vivre ensemble est aussi organisé par la République française dé"nie comme sociale et solidaire. La solidarité organisée participe du don collectif librement consenti.
Après la seconde guerre mondiale, la France a pu s’engager dans un nouveau contrat social : celui de la création et du développement de la Sécurité sociale et de la protection sociale. L’esprit de cette période, emblématique d’un projet politique qui se donne l’ambition de garantir la protection de chacun, peut se résumer par la phrase rendant hommage aux vingt ans du rapport de Joseph Wrésinski : « Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu est la dignité d’une nation fondée sur les Droits de l’Homme. »

Le rapport pointe les difficultés des personnes en situation de handicap dans "huit grands domaines de la vie : l’éducation, la formation tout au long de la vie, l’emploi, l’habitat, la vie affective et sexuelle, l’accès à l’information, l’accès aux soins, la prise en compte du vieillissement précoce et la protection juridique
A partir de l’enquête HID, les 12 millions de personnes handicapées, vivant en France, sont divisées en sept groupes :

  • "Le premier groupe rassemble 5,3 millions de personnes. Il correspond à des incapacités isolées et mineures. Il s’agit le plus souvent de femmes vivant seules et travaillant ;
  • Le deuxième groupe rassemble 2,3 millions d’individus. Il englobe les personnes âgées dépendantes. Il s’apparente majoritairement aux femmes âgées qui ont au moins deux déficiences (motrices, sensorielles,...) surtout liées au vieillissement. Ces dernières ne bénéficient pas d’aide financière ;
  • Le troisième groupe rassemble 1,2 million de personnes. Il regroupe le noyau dur du handicap. Ce sont la plupart du temps des hommes, âgés de 40 à 69 ans, inactifs. Ils perçoivent une allocation au titre de leur taux d’invalidité et l’origine de leurs déficiences sévères remonte fréquemment à la naissance ;
  • Le quatrième groupe rassemble 1,2 million de personnes. Il s’apparente surtout aux hommes, entre 30 et 39 ans, qui perçoivent une allocation et signalent une ou deux déficiences parmi lesquelles on trouve l’épilepsie, l’incapacité motrice d’une jambe et la dépression. L’origine du handicap de cette population est avant tout l’accident du travail ;
  • Le cinquième groupe rassemble 800 000 personnes. Dénommé « incapacités diffuses non repérées », il se compose essentiellement de femmes de moins de 30 ans, plutôt dans la catégorie des étudiantes et souffrant de douleurs qui entraînent un manque de souplesse, des diffcultés à monter les escaliers ou à porter un poids ;
  • Le sixième groupe rassemble 650 000 personnes. Il réunit des personnes déficientes intellectuellement ou mentalement. Ce sont principalement des hommes inactifs de moins de 70 ans qui perçoivent une allocation. Ils déclarent au moins deux déficiences parmi lesquelles le retard mental arrive en première position ;
  • Le septième groupe rassemble 325 000 personnes. Intitulé « des maladies limitantes », il regroupe des hommes de 30 à 59 ans, inactifs, percevant une allocation et souffrant d’une déficience motrice, viscérale ou métabolique dont les origines principales sont la maladie et l’accident
Christel Prado pointe que du fait d'un système de financement très complexe, "les personnes handicapées ou leur famille ne savent pas comment demander de l’aide".

Concernant la scolarisation des enfants le rapport reprend la note d'analyse La scolarisation des enfants en situation de handicap dans les pays européens Quelles voies de réforme pour la France ?

Pour en savoir plus, voir le site web : www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2014/2014_16_accompagner_inclure_handicap.pdf

Date de cet article : 2019-06-20


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